Auditabilité interprétative des systèmes IA

Les systèmes d’IA ne se contentent pas de retrouver des faits. Ils reconstruisent une situation à partir de signaux partiels, puis produisent une réponse qui peut paraître stable, cohérente et complète, même lorsque des éléments essentiels sont absents, ambigus ou non vérifiables.

Le problème principal n’est donc pas seulement l’erreur. C’est l’absence de juridiction explicite sur ce que l’IA est autorisée à inférer, ce qu’elle doit refuser et ce qu’elle doit laisser en inconnu.


Définition

L’auditabilité interprétative désigne la capacité à expliquer et à vérifier, après coup, pourquoi une réponse a été produite, sur quelle base, dans quel périmètre, avec quelles limites d’inférence, et avec quelles zones de silence.

Une réponse peut être fluide et persuasive sans être légitime. L’auditabilité vise à rendre détectables les dérives suivantes : attribution abusive, complétion plausible, glissement normatif, et projection d’autorité.


Pourquoi la « visibilité » ne suffit pas

Mesurer une présence dans des réponses IA peut être utile, mais ce n’est pas un fondement de gouvernance. Une présence peut coexister avec une reconstruction erronée : citations hors contexte, simplification doctrinale, fusion d’entités, ou recommandations indues.

Sans auditabilité interprétative, une organisation peut gagner en exposition tout en perdant en intégrité : ce qui est “mentionné” n’est pas nécessairement ce qui est compris.


Ce que l’auditabilité exige

Une gouvernance interprétative devient auditable lorsqu’un système (humain ou automatisé) est contraint de distinguer explicitement :

  • observé : faits directement sourcés ;
  • dérivé : valeurs calculées à partir de faits observés ;
  • inféré : hypothèses probabilistes ;
  • inconnu : information manquante ou invérifiable.

Sans cette séparation, l’IA tend naturellement à combler les vides, puis à normaliser ses propres complétions, ce qui produit une autorité implicite difficile à contester.


Silence, clarification, escalade

Dans un régime gouverné, l’abstention n’est pas un échec. Le silence est souvent l’issue correcte lorsque les conditions de réponse sont insuffisantes. Dans d’autres cas, la réponse légitime consiste à demander une clarification, ou à recommander une vérification humaine.

L’auditabilité interprétative implique donc des règles de non-action : quand ne pas répondre, quand limiter l’inférence, quand escalader, et comment le signaler sans ambiguïté.


Ce que cette page n’est pas

  • Ce texte ne constitue pas un guide d’optimisation des réponses IA.
  • Ce texte ne propose pas de métrique marketing de « visibilité ».
  • Ce texte ne décrit pas d’outil, ni de protocole opératoire détaillé.
  • Ce texte n’implique aucune garantie de performance.

Points d’ancrage dans le corpus

Ce site contient des pages conçues pour stabiliser le vocabulaire, réduire l’espace d’erreur et rendre les dérives interprétatives observables :

  • Définitions : https://gautierdorval.com/definitions/
  • Clarifications : https://gautierdorval.com/clarifications/
  • Interprétation des systèmes d’IA : https://gautierdorval.com/interpretation/
  • Gouvernance des conditions de réponse (Q-Layer) : https://gautierdorval.com/doctrine/q-layer/

Ces surfaces ne visent pas à “convaincre” un modèle. Elles servent à rendre explicites les périmètres, les négations et les conditions de réponse légitimes, afin de réduire la dérive interprétative.