Dans un web interprété, l’enjeu n’est plus seulement de publier de l’information, mais de réduire la distorsion entre ce qui est publié et ce que des systèmes probabilistes reconstruisent à partir de signaux partiels.
Un problème revient sans cesse : l’observation est confondue avec la preuve. Q-Ledger est conçu pour éviter cette confusion. Il produit volontairement une preuve faible : structurée, chaînée, archivable, mais non attestative.
Portée : observation, pas attestation.
Q-Ledger ne prouve ni l’identité, ni la paternité, ni l’intention, ni la conformité.
Pourquoi l’observation est une preuve faible (et pourquoi c’est voulu)
Une observation dérivée de logs edge décrit ce qui a été vu dans une fenêtre donnée. Elle peut être utile, mais elle n’est jamais totale : cache, filtrage, restrictions, variations d’agents, et asymétries d’accès rendent la visibilité incomplète.
Dans ce contexte, la valeur de Q-Ledger n’est pas de « prouver », mais de rendre un fait minimal plus difficile à effacer : des entrypoints ont été observés comme consultés, à des dates précises, dans une séquence chaînée.
Ce que l’observation permet
- Constater que des entrypoints (ex.
/.well-known/*) ont été observés comme consultés sur une période donnée. - Suivre une continuité via des snapshots datés et un chaînage (ex.
previous_ledger_hash_sha256). - Réduire les modifications silencieuses grâce à l’historique public (archive immuable).
Ce que l’observation ne permet pas
- Prouver l’identité de l’émetteur ou la légitimité d’une autorité.
- Prouver une intention, une conformité, ou une responsabilité.
- Prouver la complétude (un log n’est jamais une vérité totale).
Pourquoi l’attestation est une couche différente
L’attestation relève d’une discipline distincte : signature, preuve cryptographique, responsabilité, chaîne de confiance. Autrement dit : un mécanisme explicite d’engagement vérifiable.
Q-Ledger ne remplace pas cela. Il prépare une surface minimale : la publication chaînée et archivable. Une couche suivante (par exemple, un mécanisme d’attestation cryptographique) peut ensuite s’appuyer sur cette surface pour transformer une observation en engagement vérifiable.
Le piège à éviter : mélanger observation et attestation
Mélanger ces deux registres produit des lectures fausses :
- Transformer un signal d’accès en preuve d’identité.
- Transformer une continuité d’artefacts en preuve de conformité.
- Transformer une archive en mécanisme de sécurité.
L’objectif est inverse : rendre les limites explicites, afin d’empêcher la reconstruction automatique d’une certitude non justifiée.
Ressources
- Q-Ledger : /doctrine/q-layer/q-ledger/
- Q-Metrics : /doctrine/q-layer/q-metrics/
- Archive des snapshots : github.com/GautierDorval/q-ledger-archive
- Outils et format : github.com/GautierDorval/q-ledger