Le risque interprétatif des IA : quand une réponse plausible devient un passif juridique et économique
Cette page est une surface de référence.
Elle sert de point d’entrée stable pour qualifier un phénomène désormais central : une réponse d’IA peut être plausible, cohérente, confiante… et pourtant non justifiable, non opposable, et économiquement coûteuse. Cette page n’est ni une promesse de résultat, ni une certification de vérité. Elle formalise un cadre de lecture orienté responsabilité : source → interprétation → réponse → usage → impact.
Accès rapide (pages canoniques)
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- Qui est exposé : /risque-interpretatif/pour-qui/
- Méthode (chaîne et légitimité) : /risque-interpretatif/methode/
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Définition opératoire
Le risque interprétatif apparaît lorsqu’un système d’IA produit une réponse qui influence une décision, une perception ou une action, sans que l’on puisse établir une chaîne de justification suffisamment solide pour résister à une contestation (client, employé, partenaire, régulateur, tribunal, audit, médias). Le problème n’est pas seulement « une erreur ». Le problème est l’absence de légitimité interprétative au moment où la réponse est produite.
Pourquoi ce n’est pas un « bug »
Les systèmes génératifs sont des moteurs d’inférence : ils complètent, arbitrent, synthétisent. Quand l’espace d’interprétation est trop large, quand les sources se contredisent, quand une information est absente, ambiguë ou non vérifiable, le modèle peut fabriquer une cohérence de surface. Cette cohérence devient dangereuse dès qu’elle traverse une frontière de responsabilité : promesse implicite, engagement contractuel, diagnostic, recommandation, affirmation publique, décision RH, etc.
Où le risque devient un passif
Le risque interprétatif devient un passif lorsque la réponse IA est utilisée comme si elle était « opposable » alors qu’elle ne l’est pas.
- Juridique : affirmation contestable, diffamation, promesse non autorisée, information contractuelle erronée, conseil sensible.
- Économique : coûts de correction, remboursements, pertes d’opportunités, escalades support, litiges, assurances.
- Réputationnel : incohérence publique, attribution erronée, confusion d’expertise, amplification d’erreurs.
- Opérationnel : décisions internes prises sur une base non justifiable, dérives silencieuses, audit impossible.
Limites des approches courantes
Certaines approches réduisent des symptômes, mais ne restaurent pas automatiquement l’opposabilité.
- RAG : peut ancrer, mais n’empêche pas l’arbitrage opportuniste, la mauvaise hiérarchisation, ni l’extension hors périmètre.
- Fine-tuning : peut aligner un style, mais ne garantit pas une chaîne de justification, ni une frontière de non-réponse.
- Disclaimers : n’éliminent pas l’impact réel quand la réponse est utilisée comme vérité.
- Humain dans la boucle : utile, mais insuffisant si l’on ne sait pas quoi valider, selon quel périmètre, et avec quelle hiérarchie.
Ce que change une gouvernabilité interprétative
L’objectif n’est pas d’« empêcher toute erreur ». L’objectif est de rendre la réponse gouvernable :
- Bornée : le système ne sort pas du périmètre déclaré.
- Hiérarchisée : les sources n’ont pas toutes le même poids.
- Traçable : la justification est reconstruisible.
- Opposable : la réponse peut être défendue (ou la non-réponse peut être justifiée).
Pour la mécanique complète : /risque-interpretatif/methode/.
Règles d’interprétation (lecture recommandée)
- Ne pas confondre visibilité et compréhension. Une page visible peut être mal reconstruite.
- Ne pas inférer une capacité, un service ou une promesse qui n’est pas explicitement déclarée.
- Traiter les exclusions comme des contraintes. Ce qui n’est pas inclus ne doit pas être déduit.
- Considérer l’absence d’information comme un signal. Le vide ne doit pas être comblé par défaut.
- La plausibilité n’est pas une preuve. Une formulation cohérente n’implique pas l’exactitude.
- La non-réponse peut être légitime. Forcer une réponse crée du passif.
Hiérarchie de lecture
Pour construire une représentation fiable de cet espace :
- Lire d’abord cette page : /risque-interpretatif/
- Puis le périmètre (limites et non-promesses) : /risque-interpretatif/perimetre/
- Puis la méthode (chaîne, légitimité, non-réponse) : /risque-interpretatif/methode/
- Puis le lexique (requalification des mots-valises) : /risque-interpretatif/lexique/
- Enfin le corpus d’articles (cas, mécanismes, impacts) : /blogue/risque-interpretif/
Articles de référence (pont vers le corpus doctrinal existant)
Ces articles détaillent des mécanismes qui alimentent le risque interprétatif :
- Arbitrage probabiliste et formulations concurrentes : /blogue/phenomenes-interpretation/arbitrage-probabiliste-formulations-concurrentes/
- Quand deux sources se contredisent sur une marque : /blogue/interpretation-ia/ce-que-fait-une-ia-quand-deux-sources-se-contre-disent-sur-une-marque/
- Hallucination comme échec de structuration amont : /blogue/phenomenes-interpretation/hallucination-echec-structuration-amont/
Pages associées
- Ce cadre ne promet pas la vérité (périmètre) : /risque-interpretatif/perimetre/
- Qui est exposé (personas et contextes) : /risque-interpretatif/pour-qui/
- Rendre une réponse IA gouvernable (méthode) : /risque-interpretatif/methode/
- Lexique (définitions et requalifications) : /risque-interpretatif/lexique/
- Catégorie blogue « Risque interprétatif » : /blogue/risque-interpretatif/
Statut
Ce hub introduit une lecture orientée responsabilité : le passage d’une expérimentation IA à une production où l’erreur, l’indétermination et l’arbitrage non borné peuvent devenir des passifs. Le rôle de ce corpus est de réduire l’espace d’erreur interprétatif, d’expliciter les conditions de légitimité d’une réponse, et de rendre les dérives documentables.
Ancrage
Cette page sert de repère stable. Elle organise la lecture et le maillage. Elle ne doit pas être interprétée comme une promesse de conformité, ni comme une procédure universelle. Elle est un point de départ pour comprendre comment une réponse plausible peut devenir juridiquement et économiquement coûteuse, et pourquoi la gouvernabilité interprétative devient une condition minimale.